Le redémarrage de la campagne viticole s’approche avec le passage du Solstice d’hiver au 21 décembre. On nous bassine -entre autre-  avec une soi disant fin du monde ce jour là! Je vous propose de nous intéresser à un acte fort … pour ne pas dire «de taille »  qui mobilise beaucoup d’énergie sur les Domaines viticoles : la taille

Respecter le rythme physiologique de la vigne

La première idée de base à considérer peut être, est d’entamer le travail de la taille au terme du cycle de dormance physiologique de la vigne.
Ceci pour essayer d’accompagner la physiologie de la plante, et de mettre toutes les chances de son côté, quand à la bonne constitution de ses réserves, et à la minimisation des stress.

Cette dormance naturelle, liée aux photopériodes, prend fin à l’approche du solstice d’hiver.
Ensuite, la nouvelle impulsion solaire où les jours allongent, provoque un appel de sève en sens inverse, des racines vers les organes aériens.
Pour autant la vigne ne développe pas encore ses organes verts nouveaux, car elle se trouve alors en dormance forcée. Les basses températures maintenant la plante en sommeil.

C’est pourquoi, quand cela est possible, nous n’entamons pas la taille avant le solstice, et encore mieux avant que la plante n’ai réellement passé ce cap de levée de dormance physiologique, début janvier donc (traditionnellement à l’épiphanie du 6 janvier).

Bénéficier de la manne des énergies cosmiques … quand c’est possible

La deuxième idée est d’essayer de mettre l’énergie au bon endroit pour la plante, suivant les informations que nous avons pu recueillir au cours de l’année ( voir au cours des années passées sur le moyen / long terme)

Je vous rappelle les variables à faire jouer dans l’équation qui sont des paramètres importants, en plus du cycle solaire :
  • Les phases lunaires ASCENDANTE / DESCENDANTE
  • Les PG (périgées)
  • le décors des constellations en arrière plan
  • les angles faits entre les planètes infra solaires et supra solaire / la LUNE et notre TERRE
tout ceci combiné aux comportements des parcelles :
  • Vigueur / faiblesses
  • enracinements
  • tardif / précoce
  • fragile / robuste par rapport aux maladies cryptogamiques
Alors, il est bien évident que sur un Domaine viticole on ne peut pas toujours faire selon un calendrier établi à l’avance
il faut compter sur les possibilités humaines, les aléas climatiques, et les nombreuses astreintes existantes sur le Domaine, que ce soit les expéditions, quand ce ne sont pas les besoins d’être en représentation à l’extérieur en lien avec la commercialisation, etc …
Et avec le recul, cette réflexion, en plus de permettre une certaine anticipation sur la charge de travail, nous amène à choisir des jours pour la taille, qui sont souvent (mais pas toujours) de « bons jours » : au sec, sans contrainte climatique particulière.
Ici un aperçu d’un document de travail pour Février 2013. Dans les grandes lignes, nous transposons sur plan à 2 dimensions les qualités du Ciel et nous y insérons les parcelles en fonction des contextes. De prime abord, ce tableau peut paraître compliqué, mais il n’en est rien ! 
Calendrier_taille
Avancer sereinement dans le chantier de taille et se consacrer à chaque pied pour l’avenir.
Sortir les bourgeons surnuméraires, énergivores, sur les astes, sur le pied est il est vrai parfois laborieux (… surtout si les travaux d’épamprage en amont ont été approximatifs …)
Ces soins sont, au bout du compte un gain de temps et une économie de moyens pour la plante durant sa pousse. Dans un profile minimaliste et épuré, les pousses naissantes dès le débourrement occupent le juste espace, sans surcharge ni entassement, et cela participe à l’équilibre de la plante. Les ébourgeonnages de fin mai début avril s’en trouvent grandement facilités.

La Taille est une des opérations des plus déterminantes parmi les gestes viticoles: c’est elle qui confère les premières impulsions sur le vignoble. Tel un thème de naissance, le moment de la taille sans compter l’attention du vigneron architecte sur l’organisation du pied, aura des conséquences sur les potentialités des vignes et raisins futurs. La relation que l’Homme tente d’établir avec le Ciel, même si elle est imparfaite, permet de produire «un supplément d’âme». On est parfois un peu maladroit dans nos choix, mais l’intention première est déterminante. A l’image d’un jeune parent un peu inexpérimenté qui serait hésitant avec son enfant à élever. Mais la direction est bonne.
Je parle bien de potentialités … Pour les exprimer, cela dépend encore des conditions du millésimes et des gestes viticoles choisis par le vigneron au cours de l’année végétative.
Il existe des périodes où il est conseillé de n’avoir pas d’action végétative sur la plante, car les aspects astronomiques sont à ces occasions dissonants. La plante activée à ces moments là imprimerait cette dissonance inappropriée.
Au cours de ces périodes nous pouvons entreprendre autre chose …Carrassonnage / tirage de bois et autres travaux. Les chantiers ne manquent pas !
Pour rappel : au delà des choix de taille, qui respectent l’équilibre de chaque pied, il est primordial de soigner les plaies de taille en biseau, en laissant des cônes de cicatrisation suffisants, afin de lutter contre les maladies du bois, et magnifier les circuits de sève en choisissant des bois qui ne contrarient pas ou le moins possible ces circuits très précieux.
Les maladies du bois, que nous imputons trop facilement aux champignons que nous rendons responsables de nos propres erreurs, sont souvent une conséquence d’une gestion érronnée de la taille. Le rôle des champignons, dans l’économie de la Nature, est de dégrader la matière organique. Le produit de cette dégradation permet de remettre en circulation de l’énergie, de redistribuer l’énergie. Laisser des zones cicatricielles suffisantes lors de la taille, et hors d’atteintes des circuits de sève, préserve la vigne dans le long terme. Ce type d’erreur pour de jeunes pieds au tronc de petite section est rédhibitoire …
Bon courage aux vignerons qui vont s’atteler à ce chantier important et incontournable !